lundi 18 novembre 2013

Le Danakil



Au petit matin nous prenons la direction des lacs salés et acides. C'est un spectacle de bouillonnements, fumerolles, de petits cratères d'où sort l'acide et avec des couleurs fluo inimaginables.
L'effondrement de la croûte terrestre dans ce triangle Afar nous fait admirer de véritables sculptures de basalte prenant toutes les formes . Nous croyons voir des châteaux forts, des mosquées ou même une jolie collection de cornets de glace! Nous nous enfonçons dans une grotte tunnel qui ressort dans un vaste cirque ; il y a même un bassin d'eau limpide. Nous sommes toujours sous bonne garde...

Nous poursuivons notre route par une température d'environ 40 degrés jusqu'au lac Assale.
Le spectacle que nous découvrons est un BAGNE. Environ 500 ouvriers extraient le sel de ce lac.
Le travail est vraiment compartimenté : il y a ceux qui soulèvent les plaques de sel avec des bâtons, ceux qui commencent à tailler grossièrement les plaques, ceux qui taillent les plaques en rectangles pesant chacun 20 kilos, ceux qui les chargent sur les chameaux ( il y a environ 300 chameaux qui attendent) et enfin les chameliers qui les transportent jusqu'à Bera Ale ou même jusqu'à Mekele.
Nous avons une pensée très affectueuse pour Odile Popinet qui nous avait dressé la liste des médicaments à emporter et à notre pharmacien Michel Gayte qui nous a fourni les médicaments. Ces ouvriers travaillent sans lunettes de soleil, sans gants, sans chaussures. On peut imaginer tous les maux qu'ils éprouvent et que nous avons essayé de soigner avec notre guide Yonas.
Les chameaux portent 200 kilos chacun et les ânes 50 kilos. Tous les ouvriers travaillent si dur pour survivre puisqu'ils gagnent 3 euros par jour et doivent rejoindre "leurs maisons" à Ahmed Ela , à 5 km.
Nous étions au même village que ces travailleurs et le soir nous les regardions aiguiser leur outils sur le pas de leur cabane. Nous ne pouvons imaginer un tel régime pour nos prisonniers français mais réfléchir à un travail dur est sûrement plus gratifiant que l'oisiveté qui rend apathique et mauvais. 
C'est le retour à notre camp avec l'esprit très tourmenté par ce que nous venons de découvrir. Comment s'endormir tranquillement avec ces images si cruelles pour les corps et les esprits?


 



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